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La Grande Fugue

26-28 août 2015: De Cusco à Machu Picchu, Partie II

12 Septembre 2015 , Rédigé par la-grande-fugue

JOUR 2

Départ vers 9:00am

Nous devions nous lever vers 7h45. On trouvait déjà que c'était une grasse matinée. Et effectivement, ça allait être la dernière fois qu'on pourrait se lever si tard. On en a profité.

Le déjeuner était à 8h. Ce n'était rien de bien compliqué: du pain, du beurre, de la confiture, et de l'avocat. L'avocat était délicieux. C'est quelque chose qui allait me manquer, une fois de retour au Canada: l'avocat toujours frais et à point.

Nelson et Ariel n'aiment pas l'avocat, alors Emma et moi l'avons dévoré à nous deux. Nous avons aussi eu droit à du vrai bon café. J'étais un peu sceptique, car ils nous l'ont apporté en concentré, qu'il fallait diluer dans de l'eau chaude, mais c'était du bon café. La famille en vendait, alors nous en avons acheté un peu avant de partir.

Et nous avions raison: la vue était magnifique au lever. Et nous avions tous très bien dormi. C'était calme, et les lits étaient suffisamment confortables. Il n'y avait peut-être pas de wifi, et une seule prise pour tout le monde, mais nous avons grandement apprécié se ressourcer en montagne comme ça. Une fois de temps en temps, ça fait du bien. (Et puis, en mode avion, la batterie de cellulaire peut durer longtemps.)

À 9:00, nous étions prêts à partir. Mais avant de se lancer dans la longue randonnée qui nous attendait, nous avons eu droit à un petit cours 101 sur la végétation du coin où nous étions.

Le guide nous a appris comment préparer le café, du moment où il est cueilli, jusqu'au moment où il est prêt à être consommé. On doit peler le grain, le faire sécher, puis le peler à nouveau, et le faire griller pendant 20 minutes. Au début, le grain est beige. À la fin, il est brun/noir comme on le connaît.

Il nous a aussi parlé de patates. Il fut en temps où il y avait plus de 3000 variétés de patates en Amérique du Sud. Aujourd'hui, on n'en répertorie plus que 2000. Avant, ils faisaient sécher les patates pour pouvoir les conserver plusieurs années, au cas où ils auraient de mauvaises années de récolte. Une fois sécher, la patate est blanche, et toute rattatinée. Ça n'a pas l'air appétissant du tout, mais j'imagine que ça a sauvé des vies, il fut un temps.

Il nous a parlé des noix, ainsi que du cacao, qui était initialement bu comme un breuvage rafraîchissant, mais que les Européens ont plus tard commencé à utiliser pour faire du chocolat. (La famille vendait aussi du chocolat, mais je me suis retenue. J'avais peur que ça fonde dans mon sac.)

Il nous a aussi parlé de l'achote (pas sûre que ça s'écrit comme ça, j'y vais à l'instinct), une plante qui produit des petits fruits à l'intérieur d'une gousse. Ces fruits peuvent être écrasés pour former un liquide rouge/orange très vif, qui était utilisé pour créer les maquillages de guerre au temps des incas. Aujourd'hui, c'est exporté en France pour la production de rouges à lèvres.

Le guide nous a dessiné dans le visage avec le fruit en question, pour nous montrer le résultat. Alors qu'il était à l'oeuvre, Emma a eu le bon sens de demander ça prenait combien de temps à partir.

“Ah, juste deux semaines.”

… Hm. On sentait une blague, mais les petites gouttes de sueur commençaient perler sur nos fronts.

“Ben non, c'est une blague! Après deux lavages, ça part!”

Ah, ouf!

“.. Quoique, ça protège bien contre le soleil. Vous allez sûrement bronzer un peu en marchant, donc.... le design risque de rester.”

Ariel, paniquée, a tout de suite commencé à tenter de se laver le visage, mais elle n'avait que des mouchoirs à sa disposition. Elle n'a fait que l'étaler, et elle s'est retrouvé avec un beau visage orange. Elle avait l'air d'une tentative d'auto-bronzage qui a mal viré. On a tenté de pas trop rire.

Après la leçon, nous avons pris nos sacs, et avons entrepris la journée de marche qui nous attendait.

26-28 août 2015: De Cusco à Machu Picchu, Partie II

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Les premières vingt minutes ont été en pente montante. J'ai pas aimé ça. Après ça, c'était plus stable. Pas tout à fait plat, mais pas mal moins demandant.

Je traînais toujours derrière, mais c'était plutôt parce que je m'arrêtais souvent pour prendre des photos. Sinon, mon rythme était similaire à celui des autres. (J'avais juste pas la forme pour les rattraper quand je prenais du retard avec mes photos. Alors je les rattrapais quand ils prenaient des pauses.)

Nous marchions le long d'un chemin inca, bien que pas la fameuse “inca trail” pour laquelle il faut réserver six mois à l'avance. C'était une section qui ne demandait pas de permis.

C'était peut-être pas la fameuse inca trail, mais c'était quand même magnifique. (Ce qui explique pourquoi je m'arrêtais tout le temps pour des photos.)

26-28 août 2015: De Cusco à Machu Picchu, Partie II
26-28 août 2015: De Cusco à Machu Picchu, Partie II

Une bonne partie de la journée a été en pente descendante. Ça aurait dû me faire plaisir, mais je trouvais ça glissant (à deux pas d'une falaise, c'est pas l'idéal), et c'était dur sur les genoux. Finalement, je ne suis jamais satisfaite.

On s'est arrêté à une petite maison au milieu de nulle part. Une vieille dame nous proposait des genre de Mr Freeze maison, au fruit de la passion ou au café, pour un sol. Je me suis laissée tentée par celui au café. C'était délicieux, mais ça coulait partout. J'ai taché mes shorts et j'ai eu les mains collantes jusqu'au dîner.

Un peu avant l'arrêt du dîner, nous nous sommes arrêtés près d'un arbre. Le guide nous a pointé ce qu'il a dit être un nid de thermites. Il nous a expliqué que ça se mangeait sans problème et que ça avait un goût de carottes. Pour prouver la véracité de son affirmation, il a pris un bâton, qu'il a utilisé pour percer le nid. Lorsqu'il a ramené le bout du bâton vers lui, plein de thermites grouillaient dessus. Il en a pris une pincée et l'a mise dans sa bouche, en nous invitant à faire de même. Nelson et Ariel se tordaient de dégoût et ont refusé. Emma et moi avons haussé les épaules, et avons essayé. (Au nombre de moustiques que nous avions sans doute ingérés par accident depuis le début, ça n'allait pas faire une grosse différence. Au moins, là, nous le faisions volontairement.)

Ça goûtait effectivement les carottes. Surprenant, pour quelque chose de si petit, on ne s'attendait pas à un goût si prononcé. Ce n'était pas mauvais.

Un peu plus loin, le guide nous a pointé un insecte, et nous a expliqué que cet insecte pondait ses oeufs à l'intérieur d'autres animaux, et laissait ces derniers donner naissance à ses bébés pour lui. Charmant, quoi.

“Ça peut tu le faire aux humains aussi?” a osé demander Nelson.

“Ben, si ça trouve pas d'autre option, oui, ça arrive.”

On a marché un peu plus rapidement après ça.

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Le dîner a été accueilli avec soulagement, bien que nous étions moins à bout que la veille au soir. C'était un peu moins éprouvant comme marche.

Nous avons mangé rapidement, et nous avons ensuite pu bénéficier de 40 minutes de repos. Il y avait plein de hamacs tout près, nous en avons profité. J'ai de nouveau sorti mon livre (dans les dents, Nelson), et j'ai lu dans un hamac.

J'ai pris une photo de mes jambes, dans le hamac, avec un coin de mon livre. La parfaite photo stéréotypée de vacances au soleil. Sauf que là, j'étais un peu plus sale et couverte de piqures, de bleus et de grafignes que ce qu'on s'attendrait d'une photo du genre. Mes vacances au soleil ne sont pas très reposantes, mettons.

26-28 août 2015: De Cusco à Machu Picchu, Partie II

Après un moment, alors que j'étais bien absorbée par mon livre, j'ai senti un petit quelque chose sur ma main. C'était très léger, ça aurait pu être le vent. J'ai nonchalamment levé les yeux, et j'ai vu un insecte sur ma main. C'était plutôt petit, très pâle, presque transparent. Je me suis brièvement demandé ce que c'était. Puis, quand j'ai compris, j'ai bondi quelques fois dans le hamac en secouant les bras, pour être sûre de m'en être débarrassée.

L'affaire, avec les araignées pâles, c'est qu'on leur voit très clairement les yeux. Même lorsqu'elles sont plutôt petites, les yeux noirs ressortent, et ça te fixe. (Ça fait un contact visuel assez spécial, huit yeux qui te regardent en même temps.)

Les araignées du Canada, ça fait pas ça. Soit elles sont trop foncées pour qu'on puisse distinguer leurs traits du visage, soit elles sont carrément trop petites.

Cette araignée-là était exactement comme celle que j'avais côtoyée dans l'autobus vers Canchaque. Ça doit être une espèce plus courante en Amérique du Sud.

J'ai repris ma lecture après ça. On a finalement quitté les lieux alors qu'un autre groupe arrivait.

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On a marché quelques heures encore. On s'est arrêté à un pont, où une vieille dame et un vieil homme vendaient des bouteilles d'eau et autres breuvages.

Normalement, une bouteille d'eau coûte entre 1.5 et 2.5 soles. Sur un trek vers Machu Picchu, c'est typiquement 3 soles, parce qu'il n'y a aucune compétition, au milieu de la jungle comme ça.

La vieille dame a tenté de me vendre sa bouteille d'eau à 4 soles, mais quand je me suis offusquée, en disant que normalement, c'était 3, elle me l'a laissée à ce prix-là.

La vieille dame parlait le Quechua, la langue native du Sud du Pérou. En fait, Quechua est le nom que portaient les Incas dans leur langue, et ce sont les Espagnols, à leur arrivée, qui ont changé leur nom pour “Inca”, dans leur tentative d'assimilation du peuple et d'élimination de leur langue. Je me souviens que le père de ma famille d'accueil venait originalement d'une ville pas loin de Cusco, et il m'avait dit qu'il parlait le Quechua.

Notre guide parlait Quechua avec la dame. Nous ne pouvions pas comprendre ce qu'elle disait, mais elle semblait très comique. Elle riait beaucoup (surtout du guide, d'après ce qu'on pouvait comprendre). Emma m'a dit qu'elle lui faisait penser à une vieille dame qu'elle avait connu, qui avait plus de 100 ans, et qui avait donc atteint un point dans sa vie où l'opinion des autres, ça n'importait plus vraiment. Elle se laissait être aussi non politiquement correcte qu'elle le voulait, et elle était hilarante. Nous ne comprenions pas ce que la vieille dame du pont disait, mais elle était visiblement tout aussi hilarante.

Le guide nous a plus tard dit qu'elle se moquait de son accent, puisque ce n'est pas sa langue maternelle à lui. Il essayait de nous enseigner des mots en Quechua, et elle, elle se marait bien pendant ce temps-là.

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Nous sommes arrivés à la fin du parcours vers 16h30. Nous terminions la journée aux sources chaudes, où l'on pouvait se baigner et se reposer après une longue journée de marche.

Il y avait beaucoup de monde, c'était un peu moins plaisant pour ça. Nelson et Ariel ont décidé de ne pas se baigner pour cette raison. Emma et moi, par contre, on n'allait pas s'en priver! On a d'abord pris un moment pour boire un peu. Emma s'est permis une bière, j'ai plutôt opté pour du Gatorade, question de me réhydrater. Puis, nous nous sommes changées et sommes allées dans l'eau.

Il y avait trois sources, de différentes températures. Il n'y avait que 2 degrés de différence entre chaque, alors nous sommes allées dans la moins populaire, la moins chaude. Il n'y avait presque personne dedans, et c'était quand même très confortable comme température. C'était sans doute le meilleur choix.

26-28 août 2015: De Cusco à Machu Picchu, Partie II

Nous sommes restées dans l'eau peut-être une heure, nous n'avons pas porté attention au temps qui passait. À notre sortie, nous avons constaté que Nelson et Ariel n'étaient plus là. Le guide nous a dit qu'ils avaient déjà pris la voiture vers l'auberge.

Nous avions le choix de marcher jusqu'à l'auberge, ou prendre une voiture aussi (et payer, bien que c'était pas cher). Puisque mon problème est le cardio et non l'endurance, j'aurais été capable de marcher encore, mais il commençait à faire noir, et Emma en avait marre. On s'est permis le luxe de prendre la voiture.

Nous dormions en civilisation cette fois. Nous avons eu droit à une heure de repos avant le souper. Emma et moi avions une chambre, Nelson et Ariel étaient dans l'autre. (Potin potin potin.)

J'ai attrapé un léger coup de soleil dans le courant de la journée, je me sentais donc déshydratée. J'avais pourtant mis de la crème solaire et de l'anti-moustique, mais j'étais rouge et couverte de piqures.

La jungle, ça pardonne pas.

Nous avons soupé dans un petit restaurant pas loin avec le guide, puis nous sommes rentrés. J'étais trop paresseuse pour une douche, nous étions tous dégueus de toute façon. On s'est couché tôt encore.

J'ai encore eu du mal à m'endormir. Mais là, ça a duré longtemps. Je n'étais pas la seule, j'entendais Emma changer de position souvent aussi. Il faisait trop chaud pour garder la fenêtre fermée, mais quand elle était ouverte, on entendait tous les bruits dehors.

Je me suis levée pour aller aux toilettes. Ne voulant pas déranger Emma, j'ai gardé la lumière fermée jusqu'à ce que je sois dans la salle de bain, avec la porte fermée. Quand j'ai finalement allumé la lumière, j'ai juste eu le temps d'apercevoir une énorme blatte rougeâtre courir et s'enfoncer dans le drain au milieu de la pièce. J'ai soudainement regretté de ne pas avoir mis mes gougounes en me levant.

J'ai utilisé la toilette rapidement et je suis retournée dans mon lit le plus silencieusement que possible. J'ai hésité à flusher (ça allait faire du bruit et potentiellement réveiller Emma), mais considérant mes “complications intestinales” (on va dire ça de même), je trouvais plus poli de flusher au milieu de la nuit que de laisser ça là jusqu'au matin.

Pour faire exprès, la toilette était défectueuse et n'a pas arrêté de flusher. Elle a fait du bruit tout le reste de la nuit. Je me suis levée deux fois pour aller gosser dessus, en vain. On a enduré le bruit jusqu'au matin.

Je me suis probablement endormie vers minuit et demie.

À 4h, un coq, à quelque part (pas loin), s'est mis à crier. J'ai peut-être réussi à dormir environ une heure de plus après ça, sans plus. La nuit n'a pas été reposante.

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JOUR 3

Départ, 7:00

Nous devions être au même restaurant que la veille à 6h30 pour le déjeuner. Une voiture venait ensuite nous chercher à 7:00.

Personne n'avait bien dormi. Les cernes étaient profondes autour de la table. On s'ennuyait de l'ambiance paisible de notre première nuit, au milieu de nulle part. La civilisation, c'est pas si hot que ça, finalement. (Surtout quand il n'y a même pas de wifi. À quoi bon!)

Le déjeuner était bon, au moins. Du pain, du beurre et de la confiture (le classique), et un autre item au choix: une crêpe, une omelette, ou un autre truc que personne n'a pris, je ne m'en souviens plus. (J'ai pris la crêpe, les autres ont pris l'omelette.)

À 7:00, on partait pour le Zip lining. Encore là, l'activité n'était pas incluse, il y avait un coût supplémentaire. Nelson et Ariel en avaient déjà fait, à Arequipa, alors ils ont décidé de passer leur tour. Emma et moi voulions essayer.

Ils nous ont emmenés sur le site de zip lining. Puisque nous n'étions que deux à le faire dans notre groupe, nous allions nous joindre à deux autres groupes, qu'il fallait attendre. Nous avons attendu environ 30 minutes, avant de commencer. Nelson et Ariel allaient patiemment nous attendre au point de départ. (À leur place, j'aurais préféré payer et le refaire, plutôt que de m'emmerder avec les moustiques. Mais bon. On est tous différents.)

Nous étions environ 25, une fois tout le monde arrivé. Nous avons fait la connaissance d'une Canadienne, Saki, et d'un Américain, Ryan, qui faisaient un trek Salkantay, ce fameux trek que j'ai failli faire et qui m'aurait probablement achevée. On leur a demandé comment c'était, et ils nous ont dit que c'était un peu moins difficile que ce à quoi ils s'étaient attendu. Ils n'avaient pas à traîner l'équipement de camping par eux-même, et toutes les journées n'étaient pas de la marche du matin au soir.

(Ça aurait probablement quand même été ma mort, mais bon... Peut-être une mort un peu moins horrible que je l'aurais pensé.)

Il ventait pas mal, mais il a vite fait chaud. Il fallait marcher entre les différents points de départ, et il y avait pas mal de pentes. Il y avait cinq parcours en tout, et un pont à cordes à traverser. Les deux premiers parcours se faisaient avec la technique normale: assis dans le harnais, de face, et les mains libres pour freiner. (Un employé nous faisait des signes de bras lorsqu'il fallait commencer à freiner. Par chance, il était bien visible, car je n'avais pas amené mes lunettes, de peur de les perdre au fond de la vallée.)

26-28 août 2015: De Cusco à Machu Picchu, Partie II

Le troisième parcours se faisait la tête en bas. Parce que tsé, c'est pas assez épeurant comme ça. (Certains l'ont quand même fait normalement, mais ne désirant pas avoir de regret, je l'ai fait la tête en bas.)

Ensuite, il fallait traverser le pont. J'ai tenté de prendre une vidéo, mais j'ai vite eu besoin de mes deux mains. J'ai donc une vidéo pendant que ma caméra pendait de mon poignet. Ça brasse pas mal, ça donne mal au coeur à regarder.

26-28 août 2015: De Cusco à Machu Picchu, Partie II

Alors que j'allais m'engager sur le pont, j'ai croisé une femme, dans la quarantaine, qui pleurait dans les bras de son mari, visiblement terrifiée. Je me suis dit que la tête en bas, ça lui avait pas fait. J'ai poursuivi mon chemin.

Le 4e parcours était normal. Le 5e, le dernier, était le “superman”. Ils viraient notre harnais à l'envers, et on était accrochés par le dos. On glissait en position horizontale, la tête première... en position superman.

Lorsqu'on glissait en position autre que la position de base, nous n'étions pas responsables de freiner par nous même. Pour le dernier, beaucoup ont eu du mal à atteindre le bout, l'employé qui freinait pour nous devait parfois venir nous chercher, typiquement parce que nous étions trop légers, et notre poids ne suffisait pas à nous faire aller jusqu'au bout. J'ai eu ce problème, mais ce n'était pas trop effrayant. L'employé m'attendait et m'a fait aggriper son pied pour nous faire glisser jusqu'au bout.

Emma a pris quelques vidéos de moi, et j'en ai pris d'elle. Personne n'a perdu sa caméra ou son téléphone dans le processus. C'est bien.

C'était moins épeurant que je pensais. Tout le long, je me sentais accrochée à quelque chose, je ne me sentais pas en chute libre. Ça me faisait sentir plus en sécurité.

C'est après tout cela que j'ai su que, la madame qui pleurait, elle pleurait parce qu'elle avait failli tomber de son harnais au 3e parcours.

Je dois avouer que je suis contente de ne pas l'avoir appris avant la fin.

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On a dû attendre un moment pour la voiture qui allait nous emmener à la centrale hydroélectrique. Le guide n'était pas avec nous pour le zip lining, mais les employés nous ont appelé la voiture, qui a ramassé le guide en passant.

À la centrale, le guide a dû remettre quelques documents, c'est le premier point de contrôle pour Machu Picchu. (Ça approchait!)

Puis, nous avons marché une dizaine minutes, jusqu'au restaurant où nous dinions.

Sur un mur du restaurant se trouvait une grande affiche avec toutes les 7 merveilles du monde. On pouvait sentir qu'on s'approchait de Machu Picchu, avec toute les mentions des merveilles que l'ont commençait à voir.

Pour Emma, Machu Picchu allait être la 3e merveille du monde qu'elle verrait. Ça allait être ma 4e. (Petit moment de vantardise.) J'ai visité Chichen Itza en 2007 au Mexique, la Grande Muraille de Chine en 2011, et le Colisée de Rome en 2012. Emma a vu Petra, en Jordanie, et Christ the Redeemer au Brésil.

Nous avons mangé rapidement, et nous avions ensuite du temps de repos. Il y avait des hamacs, mais nous étions là en même temps qu'un autre groupe, ils étaient tous occupés.

Je suis donc restée à notre table. Nous avions une belle vue sur les montagnes et la jungle. Je crois qu'on arrivait même à voir l'un des montagnes de Machu Picchu de là où nous étions. (Alors que nous marchions entre la centrale et le restaurant, le guide nous avait pointé du doigt Machu Picchu Mountain, la plus grande des deux montagnes associées au site, qu'on arrivait à apercevoir entre les branches.

26-28 août 2015: De Cusco à Machu Picchu, Partie II

Ça aurait été un beau moment paisible, si ça n'avait pas été des moustiques. Il y en avait partout. Jusqu'alors, je me faisais piquer constamment, mais je ne voyais jamais les responsables. Là, je les voyais. Et je les sentais qui commençaient à me piquer dans le cou, sur les mains, dans le visage. Il faut croire que je commençais à manquer d'espace sur mes bras et mes jambes, ils piquaient là où ils pouvaient. Je me suis mis trois couches d'anti-moustique pendant notre pause d'une heure. Ça n'a rien donné. Je portais des leggings pour couvrir mes jambes, mais je suis certaine que je me suis fait piquer quand même.

Déjà qu'au Canada, je les attire beaucoup. Je sers typiquement d'anti-moustique aux autres personnes de mon groupe: pendant qu'ils me piquent, les autres sont tranquilles. Mais là, c'était tout le monde. Emma dit ne s'être jamais fait piquer de sa vie. Elle ne met jamais d'anti-moustique et n'a jamais eu de problème. Même dans ses six mois en Amérique du Sud, elle n'a pas eu de piqures de moustique. Et là, elle en était couverte. Elle n'y comprenait rien.

On avait tous l'air d'avoir des maladies de la peau sévères, avec nos grosses taches rouges, de taille différente, qui semblaient s'empiler tellement il y en avait. (J'étais probablement la pire. Ma peau réagit toujours assez fortement aux piqures, ça les faire paraître pires qu'elles ne le sont vraiment.)

26-28 août 2015: De Cusco à Machu Picchu, Partie II

Nous allions être magnifiques sur nos photos à Machu Picchu le lendemain!

J'étais contente de reprendre la route. Au moins, quand on marche, c'est moins pire. (Le guide dit que les moustiques ne piquent pas les cibles en mouvement, mais je suis pas mal certaine que je me suis fait piquer sur la route entre le restaurant et Aguas Calientes.)

La marche a pris entre 2 et 3 heures. Nous sommes arrivés à Aguas Calientes vers 15h. Nous avons pu nous reposer, nous laver, utiliser le wifi. Nous avons croisé nos trois amis allemands du premier jour, qui revenaient de visiter le Machu Picchu. Ils avaient l'air complètement épuisés, mais heureux de leur journée.

Nous retrouvions le guide à 18h30 pour le souper. Un peu avant, Emma et moi sommes allées nous magasiner des lunchs pour le lendemain. On nous avait avertis qu'il n'y avait qu'un seul restaurant sur le site, et que le repas le moins cher coûtait 40$ US. On a donc regardé ce que les restaurants d'Aguas Calientes avaient à offrir. Mais Aguas Calientes est une toute petite ville principalement peuplée de touristes, et tout y est donc aussi assez cher. Normalement, dans la plupart des villes péruiennes, les empanadas coûtent entre 3 et 4 soles. J'en ai même déjà trouvées à 1.5 soles à Lima, mais c'était exceptionnel.

Là, elles coûtaient 13 soles.

Finalement, on s'est arrêtées dans un petit magasin de style dépanneur. Les empanadas coûtaient 5 soles, et on pouvait aussi s'acheter du pain, des viandes froides et du fromage. C'est ce qu'on a fait. On s'est aussi acheté de l'avocat au marché, pour compléter les sandwichs. Le tout, avec nos grosses bouteilles d'eau, nous a coûté environ 16 soles chacune. Un peu cher pour ce que c'est, mais pas mal plus raisonnable que n'importe quoi d'autre.

On a préparé nos sandwichs au restaurant où nous soupions, pour profiter des ustensiles.

Nous avons mangé des steaks d'alpaca pour souper. C'était très mince, pas beaucoup de viande, mais c'était bon. Emma s'est commandé du vin, et puisque ça revenait moins cher pour deux coupes, j'ai accepté de prendre la 2e. (Elle disait qu'au pire, si je ne la voulais pas, elle pouvait aussi boire la 2e. Mais à la veille de visiter le Machu Picchu, c'était peut-être mieux pas.)

Ça a bien dormi. Enfin.

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JOUR 4

Départ 4:30am

La veille, le guide nous avait remis nos déjeuners pour le lendemain: un petit sac par personne, avec un sandwich, une banane, des biscuits et un petit jus. C'était le dernier repas que l'agence fournissait, le dernier inclus dans ce que nous avions payé.

Il fallait se lever à 4h, pour quitter l'auberge à 4:30. Le plan était de marcher jusqu'au pont qui sert de point de contrôle. Ça prend environ 20 minutes pour s'y rendre, et le pont ouvre à 5h.

Nous sommes arrivés vers 4h55. Il y avait déjà une file d'attente, mais ce n'était pas trop monstrueux. Il faisait complètement sombre, nous avons compris pourquoi le guide nous avait dit d'apporter une lampe de poche. (De nombreuses personnes marchent d'Aguas Calientes jusqu'au point de contrôle tous les matins, mais personne ne semble avoir trouvé bon de mettre un peu d'éclairage sur la route. On marche dans le noir complet pendant 20 minutes.)

Le temps de faire passer la file, nous avons passé le point de contrôle à 5h20. J'étais avec Nelson et Ariel. Emma avait décidé de prendre le bus avec le guide. Nous aurions pu faire de même, mais nous nous disions que monter les escaliers jusqu'à Machu Picchu, ça fait partie de l'expérience. (Et puis, le bus coûte ridiculement cher, considérant qu'il ne fait que nous emmener au sommet de la montagne.)

Nous avons traversé le pont, et un peu plus loin, une petite pancarte nous a indiqué le début du trajet jusqu'au sommet. Il y a une route, pour le bus, mais le sentier à pied est plus direct; il va tout droit alors que la route vire constamment. Par contre, ça a beau techniquement être un raccourci, ça va pas plus vite à pied. Ça prend environ 20-25 minutes en bus, et environ 1 heure à pieds.

En fait, le guide nous a dit que ça prendrait une heure. Et normalement, il exagère le temps, donc je m'attendais à environ 45 minutes.

Ça m'a pris une heure. Minute pour minute.

Pas longtemps après avoir commencé, j'ai dit à Nelson et Ariel de ne pas m'attendre. Ils allaient clairement plus vite que moi. S'ils m'attendaient, ça allait les énerver un peu, et si j'essayais de suivre leur rythme, ça allait me stresser et me faire mourir. Je leur ai dit qu'on allait se retrouver au sommet. (De toute façon, il fallait rejoindre ceux qui avaient pris le bus.)

Ça a été long et pénible. La première moitié a été dure physiquement. Puis, après un certain temps, j'ai atteint un rythme de croisière, je n'étais plus trop essouflée, et mes jambes étaient engourdies, alors je ne ressentais plus la douleur.

Mais rendu là, les difficultés n'étaient plus physiques. Elles étaient mentales. J'ai réussi à atteindre un niveau de démotivation tellement fort, ça m'alourdissait les pieds, chaque mouvement me faisait mal, même si physiquement, je n'avais pas mal. Et chaque fois que je prenais un virage et que je voyais que je n'étais pas encore arrivée, les larmes me montaient aux yeux. Je n'en pouvais plus. Je voyais le temps passer, et je voyais que le groupe allait devoir m'attendre au sommet. Le guide avait dit qu'on allait commencer la visite vers 6h20, quand tout le monde serait là, et l'heure approchait. J'allais pas y arriver. Si j'avais pu m'écraser et attendre que quelqu'un me ramasse, je l'aurais fait.

Au moins, rendu là, j'étais entourée de gens qui allaient au même rythme, et qui avaient aussi l'air de trouver ça pénible. Au début, je me faisais dépasser à tout bout de champ, mais après un temps, j'ai fini par me retrouver dans la bonne gang. Ils me dépassaient, mais je les dépassais de nouveau quand ils prenaient des pauses, comme moi. On ne s'est pas parlé (ça aurait été trop épuisant), mais on se comprenait.

Heureusement aussi, la vue était à couper le souffle.

26-28 août 2015: De Cusco à Machu Picchu, Partie II

Je suis arrivée au sommet à exactement 6h20, une heure après avoir commencé. J'étais émotive, épuisée, j'avais mal à la tête. J'ai pris une seconde pour respirer, puis j'ai commencé à chercher mon groupe.

La veille, le guide nous avait dit qu'on se retrouverait au sommet, avant d'entrer. Je lui avais demandé comment on ferait pour se voir, puisqu'il y aurait beaucoup de monde, mais il m'a assuré qu'il n'y aurait pas de problème.

Ben y'en avait, un problème. Je ne les voyais pas du tout. Il y avait une file monstre pour entrer, impossible de distinguer des visages. Dans l'état d'instabilité émotionnelle où je me trouvais, j'ai dû faire pas mal d'efforts pour ne pas laisser les larmes prendre le dessus.

J'ai tourné en rond pendant cinq minutes qui m'ont parues comme vingt. Finalement, j'ai vu mon guide. Il venait probablement tout juste de sortir de la file pour me chercher. Quand j'ai rejoint les autres dans la file, j'avais probablement l'air bête. J'avais besoin d'un moment pour respirer.

“Pis, comment c'était, la montée?”

Ta gueule.

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Nous avons eu droit à une petite visite guidée du site jusqu'à 8h. Il faisait froid. Après avoir sué la moitié de ma masse corporelle (c'est une approximation, là), je gelais. Évidemment, j'avais sué jusque sur ma veste qui était nouée autour de ma taille, alors je n'avais pas de vêtements secs pour faire face à cette température soudainement froide.

Je m'étais apporté un t-shirt de rechange, à la recommandation du guide. Mais parce que je suis arrivée la dernière, et que visiblement tout le monde en avait marre de m'attendre, j'ai pas trop eu le temps d'aller aux toilettes.

Tout a changé lorsque le soleil a percé au travers des montagnes. Il faisait clair depuis environ 5h40 (nous avons eu droit à une vingtaine de minutes de montée dans le noir, avant de ne plus avoir besoin des lampes ou des cellulaires pour s'éclairer), mais le soleil ne s'est montré le bout du nez que vers 7h30 – 8h. C'est à cause des montagnes, le site en est encerclé.

La visite guidée s'est donc faite principalement dans le froid. Un groupe de Français s'est aussi joint à nous pour la visite. (Je ne sais pas trop d'où ils sortaient, ça a dû être expliqué pendant que je me tuais dans les escaliers.) En bon Français stéréotypés, ils chialaient pas mal. Une fille, en particulier, n'arrêtait pas de se plaindre que la visite ne servait à rien et que c'était ennuyeux. Visiblement, elle ne s'attendait pas à ce que quelqu'un la comprenne. (Surprise! Tu n'es pas la seule touriste sur ce site! Le risque de rencontrer un(e) francophone est plus élevé que tu ne le penses!)

J'ai songé la laisser dire des conneries pendant un moment, pour finalement me retourner et lui dire quelque chose en français, juste pour lui voir le visage lorsqu'elle réaliserait que je la comprenais depuis le début. Mais l'occasion ne s'est pas présentée. Son ami s'est retourné et lui a poliment dit de se la fermer et de s'en aller si elle en avait marre. Elle lui a dit d'arrêter de se plaindre, et il a rit amèrement face au ridicule de son commentaire.

Yay pour toi, inconnu français avec la barbe et les shorts. Je t'aime bien, toi. Pas comme ton amie.

À 8h, nous avons dit aurevoir pour de bon à notre guide, et nous avons entrepris d'explorer le site par nous-mêmes. Nelson et Ariel se sont sauvés assez rapidement (potins!), alors Emma et moi avons visité ensemble. Nous sommes allées jusqu'au pont inca, en nous laissant distraire par des lamas en chemin.

Lesson du jour: si un lama se dirige vers vous avec un peu trop de confiance, ce n'est pas parce que vous êtes beau ou fin. C'est probablement à cause du sandwich (ou dans mon cas, de l'empanada) que vous tenez en main. Cette lesson m'a coûté une bouché de mon empanada. (Et un peu plus que ça, en fait, car une fois couvert de bave de lama, ça n'avait plus l'air si bon que ça.)

Il est dommage que je n'aie pas de photo de la bataille entre le lama et moi. J'ai par contre une photo de moi qui essaie de poser derrière un lama, alors que ce dernier a décide de s'en aller au dernier moment, et on me voit donc faire une grimace amusée alors que le lama se pousse de la photo.

#cannotbetamed

(Évidemment, Ariel a une photo parfaite d'elle avec un lama. Lorsque j'ai tenté de faire de même, ça a donné ça....)

26-28 août 2015: De Cusco à Machu Picchu, Partie II

Ouais.

Le pont inca n'était pas aussi impressionnant que je le pensais. On a pris quelques photos et on a fait demi-tour. (C'est sûr que, après avoir vu la ville de Machu Picchu en vrai, ça aurait pris plus que quelques planches de bois sur la parois d'une falaise pour m'impressionner. La ville même demeure pas mal plus intéressante à visiter.)

C'est alors que nous nous rendions vers ce pont décevant que j'ai croisé le chemin de Natalie.

Décidément. C'était la troisième fois que nos chemins se croisaient de nouveau, après s'être dit aurevoir pour ce que nous croyions être la dernière fois. Visiblement, elle avait réglé ses problèmes d'argent et avait réussi à venir visiter Machu Picchu!

Nous n'avons pas pu jaser longtemps, mais nous nous sommes promis de s'organiser quelque chose, une fois de retour à Cusco.

La vie, des fois.

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Après le pont, notre corps nous a rappelé ses limites: nous devions aller aux toilettes. Le lever à 4h commençait à remonter à longtemps. Je ne cessais de penser qu'il était midi... mais il était 9-10h. Mon système ne s'y retrouvait plus.

Bref, il fallait aller aux toilettes. Et bien sûr, il n'y a pas de toilettes sur le site, il fallait en sortir pour aller aux toilettes à l'entrée. (Je ne vous parle pas de l'entrée du pont en bas des escaliers, rassurez-vous.) Notre billet nous permet deux sorties (donc trois entrées maximum avec le même billet), justement pour nous permettre d'aller aux toilettes et/ou jeter notre argent par les fenêtres au restaurant.

Nous avons entrepris de traverser le site au complet pour revenir à l'entrée. Il faisait soudainement très soleil, très chaud, et il y avait vraiment plus de touristes. Ça a été pénible. J'ai commencé à me demander si j'allais avoir la force de refaire ce parcours pour poursuivre l'exploration.

Il fallait évidemment payer pour aller aux toilettes. (Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais.) Heureusement, j'en ai eu pour mon argent: c'était propre, bien éclairé, encadré de murs bien fermés, et il y avait même du papier de toilette. Ça m'a réconciliée avec le monsieur qui nous chargeait la taxe-pipi à l'entrée.

Avant de se relancer dans la jungle touristique, on a pris un moment pour s'asseoir et manger l'un de nos sandwichs avocat-jambon-fromage, question de reprendre des forces. J'ai regardé l'heure, il était presque 10h30. Je me sentais comme en début d'après-midi, j'étais levée depuis plus de six heures. J'ai fait remarquer à Emma que, à la maison au Canada, je ne serais probablement même pas encore levée à cette heure-là. Elle m'a regardé un peu de travers. À 24 ans, c'est pas un peu bizarre de pas se lever avant midi?

J'ai haussé les épaules: c'est dans ma génétique, mon père est encore de même dans la cinquantaine, c'est pas de ma faute.

Après avoir complémenté notre snack de quelques biscuits Oreo (tsé, pour l'énergie), nous nous sommes relancées.

Nous avons serré les dents et monté tous les escaliers pour nous ramener au point où nous étions avant la pause toilette. (Parce que si tu penses que ta souffrance est terminée après les escaliers d'une heure entre le pont-point-de-contrôle et Machu Picchu, j'ai des petites nouvelles pour toi. Il n'y a pratiquement pas de surface plane dans Machu Picchu. Que des marches. QUE des marches. Monte. Descends. Monte. Descends.)

Emma avait réservé son accès à la montagne Machu Picchu, et pas moi. J'allais donc marcher jusqu'à la Sun Gate, pendant qu'elle allait grimper sa montagne. (Après tous ces escaliers, je n'étais pas trop déçue de me passer de cette montée supplémentaire.)

Il y a deux montagnes que l'on peut grimper à Machu Picchu. La montagne Wayna Pichu (“jeune montagne”) est la plus populaire, puisqu'elle est parsemée de ruines et est un peu plus abrupte. Il faut donc réserver au moins deux mois à l'avance pour pouvoir y monter. (C'est la montagne qu'on voit sur toutes les photos classiques de Machu Picchu.)

L'autre, c'est la montagne Machu Picchu (“vieille montagne”). Elle est un peu moins populaire, mais elle est un peu plus haute, et offre donc une meilleure vue. Elle est aussi un peu moins abrupte, et évidemment plus tranquille. Il faut réserver d'avance, mais ça peut être de quelques jours seulement. Comme ce que Emma a fait.

Emma est allée grimper sa montagne, et je suis allée à la Sun Gate.

La Sun Gate, c'est la “porte” par laquelle les participants de l'Inca Trail officielle arrivent le matin. Il faut évidemment réserver très d'avance pour ce parcours, au moins six mois, puisque ça demande un permis, et les places sont limitées. C'est pourquoi il y a tant de treks alternatifs, qui amènent les touristes à Aguas Calientes la veille, et ne demandent donc pas de permis, permettant ainsi de réserver plus à la dernière minute.

À la Sun Gate, on peut effectivement voir le chemin inca par lequel les participants du trek officiel arrivent, mais on ne peut pas s'y aventurer. La Sun Gate est le plus loin que l'on puisse aller.

Malgré tout, s'y rendre nous donne la chance de parcourir une petite partie du chemin inca par lequel le roi inca passait pour se rendre à Machu Picchu, lorsqu'il venait s'y reposer. C'est un peu en pente montante, mais étant seule, j'y suis allée à mon rythme. J'ai pris beaucoup de pauses, et j'ai pris plein de photos.

C'est d'ailleurs ce moment que la batterie de ma caméra a choisi pour mourir. Petit moment de panique.

Par chance, mon cellulaire était bien chargé. Je l'ai donc utilisé pour prendre le reste de mes photos, pour le reste de la journée.

Une fois arrivée à la Sun Gate, c'était paisible. L'ambiance au sein de la cité principale était hectique et bondée, mais un assez faible nombre de touristes se rendent jusqu'à la Sun Gate. C'était tranquille. On avait une magnifique vue sur la cité et les montagnes environnantes, et un doux courant d'air venait sécher la sueur de mon front. Ma petite pause de 10 minutes avant de repartir s'est vite convertie en 30, puis 45 minutes.

26-28 août 2015: De Cusco à Machu Picchu, Partie II

Je serais restée plus longtemps, mais le son du tonnerre m'a ramenée à la réalité et j'ai commencé à redescendre.

La veille, ils annonçaient de la pluie et un orage pour notre visite à Machu Picchu. Nous avions eu de la chance jusqu'alors, il était midi et il avait fait beau soleil. L'orage allait-il prendre le dessus en après-midi?

Pendant ma descente de retour vers la cité principale, j'ai vu les nuages gris nous frôler de près. Très très près. Mais à mon arrivée au site principal, les nuages s'éloignaient déjà. Ils nous avaient frôlés, mais ne nous avaient pas touchés. Ils s'en allaient.

Eh ben!

Emma et moi nous étions dit que nous nous retrouverions à l'auberge au plus tard à 18h, pour aller souper. Je n'étais donc pas pressée. Il était à peine passé midi trente.

J'ai donc erré dans les ruines de Machu Picchu. Je me suis rendue jusqu'à l'entrée de Wayna Picchu, à l'autre extrémité, puis je suis revenue. Parfois, je m'assoyais et je regardais le paysage. Je n'avais personne à attendre, et personne ne m'attendait. Voyager avec des amis est souvent rassurant, mais parfois, voyager seul, ça a du bon aussi.

Je n'ai quitté les lieux qu'à 14h30, après 8 heures sur le site. Les touristes faisaient la queue pour prendre le bus pour redescendre. J'ai décidé de descendre à pied.

Monter à pied le matin est populaire. Redescendre à pied à la fin de la journée ne l'est pas du tout. J'ai donc eu la paix. Je n'ai croisé que des vendeurs de bouteilles d'eau ici et là. (Ils n'étaient pas là à 5h30 quand on avait besoin d'eux, en tout cas!) J'ai vu quelques touristes prendre une pause vers la fin, sans plus.

J'avais oublié mes écouteurs, mais étant seule, je me suis permis de jouer ma musique avec les haut-parleurs de mon téléphone. Je ne dérangeais personne.

Descendre était évidemment beaucoup plus facile que de monter, mais ça restait un peu difficile pour les genoux et les dessous de pied. J'étais épuisée.

Ça m'a pris 45 minutes à atteindre le pont, 15 minutes de moins que pour la montée. J'ai ensuite marché les 20 minutes jusqu'à Aguas Calientes. Ça m'a plutôt pris 25 minutes, cette fois. (Le matin, à 4h30, on descendait la pente vers le pont. Là, je la montais.)

À l'auberge, je me suis écroulée dans une chaise, et je ne l'ai plus quittée. J'y ai retrouvé Nelson et Ariel, qui avait quitté le site un peu plus tôt. Ils s'étaient acheté un 2L de Inca Kola, ils en avaient beaucoup trop. Ils m'en ont offert. Le sucre a fait du bien.

Nous n'avions plus accès à la chambre, nous avions dû faire le check-out avant de partir. Cette auberge avait d'ailleurs le check-out le plus tôt que j'aie jamais vu: le plus tard possible était 9h. Typiquement, les check-out se font entre 10h et midi. 9h, c'était un nouveau record. Mais puisque les gens dorment à Aguas Calientes typiquement pour aller visiter le Machu Picchu très tôt le lendemain, ça ne doit pas vraiment poser de problème de devoir faire son check-out si tôt.

J'ai utilisé le wifi dans le lobby jusqu'à ce que Emma arrive enfin, un peu avant 18h. Elle a aussi utilisé le wifi un moment, puis nous sommes allées souper. Nelson et Ariel n'ont pas suivi, ils avaient dîné tard, qu'ils disaient. (Potins?)

Le souper a coûté cher, mais rendu là, ça ne m'importait plus vraiment. On s'est payé un menu en trois services à 25 soles (probablement l'une des options les moins chères du coin), et deux drinks chacune, pour un total de 45 soles chaque. La nourriture était bonne, l'alcool aussi. Ça a fait du bien.

Notre train de retour était à 21h50. Nous n'avions pas pu réserver le train de 18h30, c'était apparemment complet. On devait prendre le train jusqu'à Ollantaytambo, et ensuite un bus jusqu'à Cusco. Nous allions arriver vers 1h du matin.

De 4h du matin à 1h du matin, le lendemain. La journée allait avoir été longue.

À suivre...

26-28 août 2015: De Cusco à Machu Picchu, Partie II

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