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La Grande Fugue

29 août - 1er septembre 2015: De Cusco à Machu Picchu... à Québec (Partie III)

13 Septembre 2015 , Rédigé par la-grande-fugue

Après Inca Jungle

J'ai dormi dans le train. J'ai dormi dans le bus.

Le transfert entre les deux a été un peu confus. Il fallait trouver quelqu'un avec nos noms écrits sur une pancarte. Il y avait mille pancartes. (J'exagère à peine.)

(En tout cas, il y en avait beaucoup trop pour mon esprit et mes yeux fatigués.)

On a finalement trouvé nos noms. Ils nous faisaient attendre en petit groupe, le temps de rassembler tous leurs passagers, mais il y avait tellement de monde partout, les groupes se mélangeaient. On a failli perdre notre chauffeur à quelques reprises en suivant le mauvais groupe.

Je me suis retrouvée dans le fond d'une van-bus, pendant que Nelson et Ariel étaient loin à l'avant. Emma s'est fait mettre dans une autre van-bus, on l'a perdue de vue.

Je n'étais pas bien, j'étais inconfortable, je respirais mal. J'ai détaché ma pochette ventrale. J'ai réussi à m'endormir.

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Alors que nous cherchions où prendre notre train à Aguas Calientes, nous avons remarqué que ce qui semblait être le même train coûtait 10 soles, pour les péruviens.

C'est comme... pas pentoute ce qu'on a payé. (Notre billet disait 63$ US.)

C'est un peu tannant, les différences entre ce que les Péruviens paient et ce que les touristes paient. Certaines compagnies aériennes offrent le trajet Lima-Cusco pour 40$ US, mais les touristes n'ont pas le droit d'acheter ces billets-là, sous peine de payer une amende de plus de 100$ US à l'aéroport.

Les touristes, ils paient au moins 170$ US pour Lima-Cusco.

Soupir...

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Je me suis réveillée en sursaut à l'arrivée à Cusco. On nous brusquait un peu à sortir, je me suis extirpée aussi vite que je le pouvais. Ils déchargeaient le toit des bagages, j'ai ramassé mon sac en plein vol.

Alors que je l'installais sur mon dos, les yeux encore un peu dans la graisse de bine, une dame m'a fait signe en pointant le sol. J'ai baissé les yeux.

Ma pochette ventrale, avec mon passeport et pas mal tout ce qui est essentiel à ma survie, était par terre.

Mon coeur s'est arrêté un moment. J'ai imaginé à quel point cette situation aurait pu mal viré, si on ne m'avait pas signalé le fait qu'elle était tombée, ou si on me l'avait carrément volée pendant que je ne regardais pas. Pas de passeport, je n'aurais pas pu rentrer au Canada deux jours plus tard.

Et la bureaucratie en Amérique du Sud, elle n'a pas une très bonne réputation. J'en aurais eu pour longtemps à régler ça.

Bref, j'ai ramassé ma pochette ventrale, je l'ai rattachée autour de ma taille, et je ne l'ai plus jamais jamais jamais détachée après ça. J'allais en avoir la trace sur ma peau de ventre au retour.

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Vers 1h30 am, nous étions à l'auberge. Nous avons tenté de tout de suite renouveler notre réservation pour la nuit suivante, mais on nous a dit que tout était déjà plein. Merde.

On a fait notre check-in, puis on s'est entendu pour se retrouver pour déjeuner à 7h, question de trouver une autre auberge pour la nuit suivante.

Nelson et Ariel dormaient dans un autre dortoir plus cher. Ils sont partis de leur côté, et je suis allée me coucher dans mon dortoir à 14 lits, le moins cher.

Peu après que je me sois glissée sous les couvertures, prête à m'endormir tout de suite, deux Françaises sont entrées dans la chambre. Les va-et-viens, dans un dortoir de 14, c'est normal. Mais malheureusement, les gens qui ne font pas attention, ça aussi, c'est commun.

Elles chuchotaient, mais vraiment fort. Elles n'arrêtaient pas de parler. Puis, ça a cogné à la porte. C'était leur ami. Elles lui ont parlé un moment, puis quand il est parti, elles se sont mises à parler dans son dos. (Clairement, elles ne pensaient pas qu'une Québécoise les écoutait et les comprenait très bien, juste à côté.) Aucune discrétion.

Bref, après un moment, ça a cogné à nouveau, c'était le même ami. Ils ont commencé à s'engueuler. Là. Drette là. À côté de mon lit. Ils ont finalement eu le bon sens de sortir et de refermer la porte derrière eux, mais je les entendais quand même très bien de l'autre côté de la porte.

J'ai fini par m'endormir, je ne sais pas trop comment.

Je ne me suis pas développé d'attachement fort pour les Français pendant ce voyage, disons.

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Je me suis levée à 6h58. Je suis allée déjeuner directement, avec mes cheveux du matin, mon haleine du matin, toute. J'étais la première arrivée pour le déjeuner. Nelson et Ariel se sont réveillés vers 7h05, ils m'ont rejointe juste après.

Ariel prenait son vol le jour-même. Seuls Nelson et moi avions besoin de trouver un endroit où dormir pour nos deux nuits restantes. Nous avons trouvé un endroit pas cher sur Hostelworld, et moins cher que ce que nous payions là où nous étions. Nous avons réservé en ligne tout de suite.

Je me disais que nous allions prendre la journée tranquille, peut-être aller magasiner un peu, d'ici à ce qu'Ariel aille prendre son vol en après-midi. Finalement, Nelson et Ariel m'ont informée qu'ils avaient des amis taiwanais en ville et qu'ils allaient passer la journée avec eux. Ils allaient tous se parler en taiwanais. En d'autres mots, j'allais pas tripper à les accompagner. Mieux valait donc me trouver mes propres plans pour la journée.

Heureusement, mes quatre années de voyages m'ont forgé l'autonomie. J'étais capable de me débrouiller.

Ils ont fini de manger rapidement et sont allés se préparer à sortir. Je suis restée plus longtemps, à chercher sur google quoi faire à Cusco.

J'ai finalement vu que je pouvais marcher jusqu'aux ruines Sacsayhuaman, et que de là, je pouvais facilement me rendre à d'autres ruines ensuite. Je me suis dit que je commencerais là, et que je verrais ensuite.

L'auberge que nous venions de réserver était sur mon chemin, j'ai donc fait mon check-out, et je suis partie avec tous mes trucs.

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La marche jusqu'à l'auberge Walkon Inn (il m'a fallu deux jours et un Américain fan de jokes plates pour me faire remarquer le jeu de mot dans le nom) a été un peu pénible. Elle se situe au top d'une colline. Bien sûr.

J'étais en sueur à mon arrivée. Mais rendu là, j'étais habituée. Après le trek Inca Jungle, c'est plus le sentiment d'être propre qui me paraissait étranger.

J'ai laissé mes bagages, je me suis changée (il faisait plus chaud que je pensais; c'est traître, le soleil). Puis, après avoir rechargé la batterie de ma caméra, je suis partie à l'aventure. En partant de la nouvelle auberge, il ne me restait que 10 minutes de marche pour arriver à Sacsayhuaman. C'était encore en pente montante, mais ça a passé vite. (Après quatre jours à me défaire les genoux et les muscles de la jambe, je ne ressentais plus grand chose. C'est pas tant que j'étais rendue en forme, mais plutôt que la partie de mon cerveau responsable pour la douleur était dans le déni. Ou juste dysfonctionelle. Ou carrément brisée. Je sais pas. En tout cas, c'est comme si mes muscles étaient engourdis. Sans être agréable, c'était mieux que la douleur, je pense.)

À l'entrée du site, un monsieur m'a gentiment expliqué comment les billets d'entrée fonctionnaient. Il parlait clairement, je réussissais à bien le comprendre. J'ai pu tenir une conversation cohérente pendant quelques minutes. D'après ce qu'il semblait me dire, il n'y avait pas de billet pour ce site seulement, mais il y avait des billets valides pour quelques jours, et pour une douzaine d'attractions touristiques différentes, au coût de 130 soles, ou 70 soles pour les étudiants. Puisque je pensais poursuivre mon chemin jusqu'à d'autres sites pas trop loins ensuite, ça me semblait valoir la peine. J'avais peur qu'il n'accepte pas ma carte étudiante (l'agence de voyage avec laquelle nous avions réservé notre trek Inca Jungle n'acceptait que les cartes étudiantes ISIC, à reconnaissance internationale), mais ça a passé, je n'ai eu qu'à payer 70 soles (environ 30$).

Sacsayhuaman est immense. J'ai fait ce qui m'a semblé être le tour, j'ai pris des photos, puis j'ai entrepris de me rendre au deuxième site. Si les quatre sites qu'on m'avait recommandés pour la journée étaient aussi grands, je n'allais pas réussir à faire le tour en un après-midi!

29 août - 1er septembre 2015: De Cusco à Machu Picchu... à Québec (Partie III)
29 août - 1er septembre 2015: De Cusco à Machu Picchu... à Québec (Partie III)

Me rendre jusqu'à Q'enqo n'était pas aussi évident que ce qu'on m'avait laissée croire. Trouver la route à prendre m'a pris un peu de viraillage. J'ai d'abord demandé à une employée qui se promenait sur le site. Elle m'a pointé une direction un peu vague, avec au moins trois chemins possibles. Sa seule indication pour me préciser quel chemin prendre exactement était “derrière l'arbre.” On faisait face à une forêt. Ben oui, toi, derrière l'arbre. Merci, je vais aller demander à quelqu'un d'autre.

Je suis allée dans la direction générale qu'elle m'avait pointé, et lorsque je suis arrivée au carrefour des différents chemins, j'ai demandé à une autre employée. Cette dernière a pu me pointer le bon chemin sans confusion possible. J'ai donc entrepris la marche de 10-15 minutes vers Q'enqo.

Après environ 10 minutes, je suis arrivée à un point où la route se séparait en deux, et il n'y avait évidemment aucune affiche pour indiquer quel chemin il fallait prendre pour continuer vers Q'enqo. Bien sûr. Pourquoi rendre la vie facile à vos touristes?

Je me suis donc arrêtée là où quatre femmes étaient assises sur des chaises, sur le bord de la route, pour une raison que je n'ai pas su identifier. Je leur ai demandé où était Q'enqo, et elles m'ont gentiment expliqué que je devais aller tout droit. Je les ai remerciées, et j'ai poursuivi mon chemin.

Après ça, j'ai trouvé Q'enqo sans trop de mal. Et j'ai pu constater que c'était pas mal plus petit. En une heure et trente minutes, j'avais fait un tour assez large de Sacsayhuaman, sans aller dans tous les détails. En 10 minutes, j'avais tout vu de Q'enqo.

29 août - 1er septembre 2015: De Cusco à Machu Picchu... à Québec (Partie III)

J'en suis donc rapidement venue à me demander comment me rendre au site suivant, Puka Pukara. On m'avait dit que s'y rendre à pied prenait plus d'une heure et trente minutes, mais qu'un autobus passait aux cinq minutes pour faire le trajet. J'ai tourné un peu en rond pour trouver où cet autobus passait, mais en demandant à quelques personnes, j'ai fini par me diriger vers le bon endroit, au bord de la rue.

En grimpant la petite colline vers le dit bord de rue (yayy, on aime tellement ça, monter, j'en avais clairement pas assez après le trek...), je me suis retrouvée à marcher près d'un autre touriste, aussi seul. Nous marchions au même rythme, et je me retrouvais donc à le suivre de près. Question de briser le malaise, il s'est retourné et s'est présenté. Brandon, Américain. De Floride, pour être exact (avec les gougounes pis toute). Il se dirigeait aussi vers Puka Pukara.

C'est ainsi que, après m'être fait abandonner par mes compagnons de voyage ce matin-là, je me suis trouvé un ami de rechange pour une partie de mon après-midi, à tout le moins le temps de visiter les deux derniers sites: Puka Pukara et Tambomachay.

29 août - 1er septembre 2015: De Cusco à Machu Picchu... à Québec (Partie III)
29 août - 1er septembre 2015: De Cusco à Machu Picchu... à Québec (Partie III)

Ces deux sites sont aussi significativement plus petits que le premier. En 30 minutes, nous avions fait le tour des deux. Il était à peine 14h, et je voulais être de retour à l'auberge vers 17h-18h pour y retrouver Nelson. J'avais encore du temps, je ne voulais pas aller perdre mon temps à l'auberge pendant 3 heures, mais je ne savais pas quoi faire.

Il s'est avéré que mon nouvel ami Brandon en était à sa 3e visite au Pérou, et était donc plutôt connaisseur. Il m'a recommandé de prendre un bus vers Pisaac, à environ une heure, et d'y prendre un taxi vers le sommet de la montagne (une autre attraction incluse sur mon billet), pour ensuite la redescendre à pied. Il allait justement prendre ce même bus, pour ensuite prendre un autre bus vers Ollantaytambo, alors il pouvait m'y guider.

C'est ce qui est excitant, avec des journées comme ça, à voyager seul et avec seulement des demi-plans. On fait de nouvelles rencontres, et on se laisse aller à la spontanéité.

Une fois à Pisaac, nous nous sommes laissés nos coordonnées Facebook, puis il est allé prendre son autre bus, pendant que je me faisais voler mon argent par un chauffeur de taxi, qui m'a chargé 25 soles pour m'emmener au sommet de la montagne, presque 9 fois ce que le bus m'a coûté entre Tambomachay et Pisaac. (J'aurais pu trouver mieux en continuant de chercher, mais le temps avançait, j'étais fatiguée, et évidemment il me faisait sentir comme s'il était ma seule option. J'en avais marre, j'ai pris son maudit tarif.)

Au sommet, j'ai réalisé que je devais trouver des toilettes rapidement, car une fois la descente entamée, je n'allais pas pouvoir y aller pour un bon moment. Par chance, il y en avait au tout début du site.

J'ai eu “l'agréable” surprise d'y trouver des toilettes turques. Tiens, ça ne m'avait pas trop manqué, ça.

Je n'ai pas trop oublié comment m'en servir, j'ai réussi à en sortir sans dégât.

Suite à ce petit moment de nostalgie (uhm), j'ai visité un peu les ruines situées au sommet.

29 août - 1er septembre 2015: De Cusco à Machu Picchu... à Québec (Partie III)

C'était un peu en labyrinthe, j'ai eu du mal à trouver comment en ressortir. Lorsqu'enfin je suis revenue à mon point de départ, j'ai dû chercher (un peu trop longtemps) comment descendre. Brandon m'avait dit qu'il y aurait deux parcours possibles, et que je devais prendre celui le plus à droite tout le temps pour croiser les meilleures ruines.

Mais je ne voyais aucun parcours. Rendu là, n'importe quel chemin qui me ferait descendre était le bienvenu!

Je me suis finalement aventurée sur un petit chemin, qui commençait en pente montant et ne me semblait donc pas être le bon chemin, mais n'ayant pas d'autre option, j'ai essayé.

Finalement, c'était le bon chemin. Ça a commencé à descendre après environ 10-15 minutes de montée. 10-15 minutes à me demander si j'étais en train de me mettre en retard comme pas possible. (Le retour à 17h à l'auberge ne me paraissait plus trop réaliste.)

La descente était extraordinaire, parsemée de ruines qui me prenaient pas surprise à chaque tournant. Je ne savais jamais ce qui allait m'attendre.

29 août - 1er septembre 2015: De Cusco à Machu Picchu... à Québec (Partie III)
29 août - 1er septembre 2015: De Cusco à Machu Picchu... à Québec (Partie III)

J'avais par contre toujours peur d'arriver à un cul de sac, je ne pouvais jamais voir bien loin devant moi. À quelques reprises, j'ai cru que c'était la fin, que ça n'avançait plus. Puis, j'apercevais la vague silhouette d'un petit chemin qui se poursuivait. Ouf.

J'ai croisé plusieurs personnes sur mon chemin, qui montaient au lieu de descendre. Ils avaient l'air d'avoir pas mal moins de fun que moi. C'est plus facile de descendre, mettons. J'admire leur courage. (Si on peut appeler ça du courage. Peut-être plus de la naïveté.)

Je suis arrivée en bas vers 16h30. Le soleil de fin d'après-midi avait rendu les dernières 20-30 minutes de la descente pénibles. Les rayons arrivaient à me taper dans les yeux par-dessus mes lunettes soleil, et malgré la crème solaire, j'ai brûlé. J'étais un peu soulagée d'arriver.

Sans le vouloir, je me suis retrouvée dans le marché artisanal donc Brandon m'avait parlé. Je ne pensais pas avoir le temps d'y faire un tour, mais puisque j'y étais... Je me suis acheté un petit toutou alpaca. J'en voyais beaucoup depuis le début de mon voyage, je me suis laissée tenter, et j'en ai profité pour passer les dollars américans en pièces que j'avais récoltés en Équateur. (Ils utilisent la monnaie américaine en Équateur, mais pour une raison obscure, ils produisent aussi des dollars en pièces plutôt qu'en papier, et ce n'est accepté nulle part ailleurs, pas même aux États-Unis. Par chance, Cusco est assez international, ils ont accepté mes pièces.)

J'ai aussi acheté des souliers, après avoir marchandé assez durement. (En fait, c'était tout simplement vraiment trop cher pour moi, je n'avais plus assez d'argent. J'ai donc dit que j'allais devoir y penser. C'est comme ça que j'ai réussi à faire passer le prix de 75 soles à 55 (environ 22$). Pour des souliers faits à la main, j'imagine que c'est pas trop mal.)

Je me suis ensuite renseignée sur comment revenir à Cusco, et j'ai pris le bus de retour. (Je suis arrivée à l'arrêt alors que le bus partait. Je me suis résignée à prendre le suivant, mais en passant, l'assistant du chauffeur a passé sa tête par la fenêtre et m'a pointée en me criant, “Cusco?!” J'ai hoché la tête, et le bus s'est arrêté pour moi.

Comme quoi, il y a du bon à ce système de bus péruvien.

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Je ne savais pas du tout où descendre. J'ai demandé au chauffeur de me laisser le plus près du centre que possible. Je suis descendue quand il m'a dit de descendre.

Je n'avais aucune idée d'où j'étais, alors je me suis arrêtée dans une pharmacie pour demander qu'on me montre sur ma carte où j'étais. Lorsque j'ai eu ce repère, j'ai pu retrouver mon chemin jusqu'à l'auberge.

...Ou presque. Je me suis un peu perdue dans un coin où les rues ne semblaient pas correspondre à ce qui était sur ma carte. J'ai dû redemander mon chemin à une dame qui vendait des bouteilles d'eau. Après ça, j'ai été correcte jusqu'à l'auberge.

Je suis arrivée à 18h. J'avais dit à Nelson sur Facebook ce matin-là que j'allais sûrement être revenue à 17h, mais par chance, il ne semblait pas trop irrité, il était bien effoiré dans son lit, à se reposer.

Nous avons soupé avec Natalie ce soir-là, puisqu'elle était aussi revenue de Aguas Calientes. (Je lui avais écrit en matinée pour lui proposer de venir avec moi à Sacsayhuaman, mais étant toujours sans réponse vers 10h, j'étais partie. Je ne savais même pas si elle était revenue, alors je préférais ne pas risquer de perdre ma journée à attendre pour rien. Finalement, elle était revenue, mais dormait toujours. Je crois qu'elle s'est levée environ 10 minutes après mon départ.)

Nous avons trouvé un endroit qui servait un menu (entrée, soupe, plat principal, et on a même réussi à négocier pour un dessert) pour 10 soles. L'endroit était un peu étrange, et vraiment désert. C'est peut-être pourquoi c'était pas cher. C'était bon, par contre.

Une fois de retour à l'auberge, j'ai pris une douche. Une douche chaude. Je crois que c'était la première vraie bonne douche chaude que je prenais depuis mon arrivée au Pérou. J'avais été dans des auberges qui se vantaient d'avoir de l'eau chaude, mais c'était toujours un dilemme: on pouvait soit prendre une douche glacée, ou une douche brûlante. Il n'y avait jamais d'entre deux.

Mais là, c'était de la vraie bonne eau chaude. J'ai dû rester sous la douche pendant une demi-heure. J'ai vécu toute une série d'émotions (je réalisais pas à quel point ça me manquait!), je ne voulais plus en sortir.

Ça a bien dormi après ça.

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Le lendemain, je n'avais plus beaucoup de forces. Ma journée de la veille, que je pensais initialement prendre tranquillement, avait été une longue journée de marche épuisante. Là, je méritais une vraie journée plus relax. Pas de grandes explorations hors de la ville, on se contenterait de ce qui était dans le centre.

Nous voulions aller visiter le musée du chocolat à 10h. Puisque notre porte de chambre disait que le déjeuner à l'auberge était jusqu'à 10h, je suis montée vers 9h10 pour manger. Il n'y avait plus rien, alors je suis descendue avertir la réceptionniste, qui m'a informée que le déjeuner prenait fin à 9h. Insultée, je lui ai dit que ma porte disait 10h. Elle m'a ostinée, je lui ai demandé de me suivre et je lui ai montré ce que ça disait sur notre porte.

“Ah, ouin, scusez, faut les mettre à jour.”

Mais là, je peux tu avoir de quoi à manger? C'est comme un peu pas mal de votre faute.

“Non, c'est fini.”

Ah ben t*b*rn*ck.

C'est ainsi que j'ai commencé ma journée avec une barre de céréales comme déjeuner.

À 10h, mon nouvel ami Brandon nous rejoignait, Nelson et moi, au musée du chocolat. Je l'avais invité à se joindre à nous, puisque le chocolat semble rejoindre les émotions de pas mal tout le monde en général.

J'avais entendu dire qu'on pouvait participer à des ateliers de fabrication du chocolat au musée, pour apprendre à faire du chocolat et même repartir avec du chocolat fait par soi-même, en souvenir. Mais quand on a su que ça coûtait 75 soles, on a laissé faire. Après mes dépenses de la veille, j'avais un budget de 50 soles pour la journée.

On s'est donc contentés de visiter le musée. On a eu droit à une petite visite guidée, qui n'a duré que 10 minutes, mais s'est terminée avec une dégustation de thé au cacao, et de boissons fortes au chocolat. (À 10h15 le matin, parle-moi de ça!)

Le musée est en fait très petit. Après la mini-visite, il ne restait plus qu'à faire le tour de la boutique, remplie de tous les produits possibles au chocolat. Du shampoing, de la crème à mains, du baume à lèvres, des bonbons, du thé, du café.

J'ai même vu des condoms au chocolat. Il y a vraiment de quoi être prêt pour toute situation.

29 août - 1er septembre 2015: De Cusco à Machu Picchu... à Québec (Partie III)

Le reste de la journée a été tranquille. On s'est payé des massages (ou devrais-je dire, Brandon a payé, parce que son budget était plus élevé que 50 soles, et il a eu pitié de la pauvre petite étudiante fauchée que je suis). Les massages, c'est la deuxième chose la plus vendue dans les rues de Cusco, après les forfaits pour aller à Machu Picchu. On se promène dans les rues et on se fait donner plein de petits papiers promotionnels pour ces deux choses. Il y a quand même une certaine logique: on va à Machu Picchu, on s'y ruine les pieds, et ensuite on revient se faire faire un massage à Cusco. Ils ont bien compris leur marché.

Après ça, il était déjà temps d'aller dîner. J'avais donné rendez-vous à Natalie devant le Starbucks de la place centrale, pour y prendre un taxi vers un restaurant que la réceptionniste de l'auberge (celle de la veille, pas celle du matin qui m'a refusé mon déjeuner) m'avait recommandé.

J'avais demandé ses recommandations, parce que je voulais essayer une spécialité de Cusco avant de rentrer à la maison: le cuy, c'est-à-dire, du cochon d'inde.

C'est généralement très dispendieux (environ 50 soles), mais la réceptionniste m'avait donné deux endroits où on pouvait en trouver pour 20-25 soles. J'ai choisi le plus proche des deux, et nous y sommes allés, Natalie, Brandon et moi. (Nelson, déjà réticent à y aller, a finalement eu d'autres problèmes de digestion et a préféré rester à l'auberge.)

J'ai été plutôt déçue de voir que le cuy coûtait 50 soles à ce restaurant. Avoir su, je ne serais pas allée si loin, il y avait des restaurants qui en servaient plus près de l'auberge. Mais au moins, il y avait des numéros de danse traditionnelle, l'ambiance était plutôt agréable.

J'ai été absolument traumatisée par mon assiette de cochon d'inde. On m'avait avertie que ce serait un cochon d'inde complet, mais je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait encore une face et des pattes dessus.

29 août - 1er septembre 2015: De Cusco à Machu Picchu... à Québec (Partie III)

C'était très difficile à couper, j'avais l'impression de torturer un animal. J'ai aussi vite réalisé qu'il n'y avait pas grand viande là-dessus, environ 75% du truc était les herbes qu'ils avaient mis au milieu, à la place des organes, probablement pour donner du goût à la viande. Ça m'a pris énormément de temps et d'énergie à manger, et pour très peu de gratification.

29 août - 1er septembre 2015: De Cusco à Machu Picchu... à Québec (Partie III)

Ce n'était pas extraordinaire, mais je peux au moins me dire que j'en ai fait l'expérience. (Yay?) Après avoir mangé du chien et du serpent en Chine, des grillons et des araignées à Taïwan, et probablement pas mal d'autres choses que ma mémoire essaie d'oublier, je peux maintenant ajouter le cochon d'inde à ma liste.

Pendant ce temps, Brandon filmait ma réaction. Il en avait déjà mangé, mais ne semblait pas avoir jugé bon de m'avertir de ce qui m'attendait. Il préférait me laisser vivre le traumatisme, et me filmer. Merci. Très aimable. Vraiment.

À la fin, il a ramassé la facture pour tout le monde. Ça l'a fait remonter un peu dans mon estime. Il venait de sauver mon budget pour la journée.

Pour le reste de la journée, je pensais visiter des musées, mais la plupart étaient fermés. Je suis donc rentrée à l'auberge pour faire mes bagages et prendre ma douche.

En soirée, je suis allée souper (mon dernier souper au Pérou qui ne serait pas dans un aéroport!) avec Emma (petites retrouvailles post-Inca Jungle) et Brandon. Nous avons eu du mal à trouver un endroit qui n'était pas fermé (mais merde, ils font quoi, le dimanche, les Péruviens!?), mais nous nous sommes finalement retrouvés dans un restaurant avec terrasse sur le toit. Il faisait froid, mais l'établissement fournissait les couvertures et la chauffrette. J'ai mangé un chili à la viande d'alpaca. C'était absolument délicieux. Comme dernier repas, c'était vraiment bien.

Nous sommes ensuite allés prendre un verre au pub irlandais de la place centrale (qui se vantait d'être le pub irlandais géré par de vrais Irlandais situé le plus en altitude au monde). Puis, ce fut le temps de se dire au revoir.

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Le lendemain, je prenais l'avion à midi vers Lima. Ensuite, je passais environ 7 heures à l'aéroport de Lima, à attendre mon vol de 21h vers Miami.

J'ai réussi à trouver du wifi au Starbucks. C'était plein, mais lorsque quelqu'un a quitté, j'ai couru pour ma vie pour prendre sa place. Je suis restée là plusieurs heures à travailler sur mon mémoire de maîtrise. (Quelle bonne étudiante, je fais!) Vers 17h30, je suis allée me chercher à manger. Brandon m'avait recommandé les Anticuchos (coeurs de boeuf) d'un restaurant à l'aire de restauration de l'aéroport. Ça ne sonnait pas bon du tout, mais ayant une réputation d'essayeuse de bouffe à maintenir, j'ai essayé. C'était surprenemment bon. Vraiment délicieux, en fait. J'ai eu des excuses à présenter à Brandon.

29 août - 1er septembre 2015: De Cusco à Machu Picchu... à Québec (Partie III)

Puis, en me dirigeant vers l'aire de check-in (je n'avais pas pu enregistrer mes bagages en arrivant, c'était trop tôt), j'ai croisé Nelson, qui avait pris un vol de Cusco un peu plus tard. (Je n'avais pas osé prendre de vol plus tardif, ils sont trop souvent en retard, mais visiblement, il n'avait pas eu de problème.) Nous sommes allés enregistrer nos bagages ensemble. Nous étions sur le même vol vers Miami. (Quand même drôle, quand on pense qu'on ne se connaissait même pas quand on a booké ce vol.)

Ça a pris une heure avant de pouvoir enregistrer nos bagages, la file d'attente était monstrueuse. (Mais elle est devenue encore plus monstrueuse apès nous. Nous nous en sommes sortis pas trop mal.)

Nelson a ensuite mangé un petit quelque chose, j'ai dépensé mes derniers soles dans la boutique à souvenirs, puis nous avons traversé la sécurité. J'ai acheté une bouteille après la sécurité, mais on me l'a confisquée avant de monter dans l'avion. C'est la première fois que je voyais ça.

(En fait, j'avais transvidé la bouteille de plastique dans ma bouteille à moi, alors je ne voulais pas la leur laisser. J'ai donc dû caler mon eau drette là, avant d'embarquer. J'ai eu un petit inconfort de vessie vers la fin du vol, j'étais contente d'arriver à Miami.)

J'avais un siège un peu moche, dans le milieu de la cabine. Mais en arrivant à mon siège, mes voisines m'ont demandé si ça me dérangeait d'échanger avec leur amie, pour qu'elle puisse s'assoir avec elles. Leur amie avait un siège avec fenêtre, alors je n'ai pas du tout eu de mal à être généreuse.

Toute heureuse dans mon siège fenêtre, je m'installais joyeusement, lorsqu'une fille, ma nouvelle voisine, est arrivée et m'a demandé si ça me dérangeait d'échanger avec son chum, pour qu'ils s'assoient ensemble. Son chum avait un siège au milieu de la cabine. Retour à la case départ. J'ai tenté de lui dire que j'aimais beaucoup ma fenêtre, et je m'attendais à ce qu'elle me dise “ah, ben oui, je comprends, pas de trouble!” Mais elle a plutôt continué de me fixer jusqu'à ce que je cède.

J'ai pris soin d'avoir l'air bête en changeant de place.

“Merci, hein!”

Ouin.

Finalement, avec tous ces changements, je me suis retrouvée assise derrière Nelson. (On était pas assis ensemble, mais on en avait pas fait tout un plat, nous.) Il ne s'en est pas rendu compte avant l'atterrissage. Surprise!

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À Miami, j'ai perdu Nelson de vue. Puisqu'il avait un visa de transit, il passait dans une autre file aux douanes. Je ne sais pas ça lui a pris combien de temps, mais moi, j'ai passé plus d'une heure dans la file, c'était pénible. Une fois devant le monsieur, ça a pris deux secondes, mais j'ai attendu longtemps pour ces maigres deux secondes.

Je pensais être libérée après ça, mais j'ai dû traverser la salle de réception des bagages. Mon sac était censé être enregistré jusqu'à Montréal, mais ils m'ont fait douter. Après tout le temps passé aux douanes, le carroussel avait fini de tourner et les bagages non réclamés étaient empilés par terre. Mon sac n'y était pas. Je me suis dit que ça devait être bon signe. J'ai poursuivi mon chemin.

Il y avait une file d'attente pour sortir de la pièce (?!). Et lorsqu'enfin je me suis extirpée, j'ai eu à choisir entre la flèche “Flight Connections” et la flèche “Other Flight Connections” (?!). Je suis allée dans le sens de la première parce que c'était plus proche, et deux madames différentes m'ont confirmé que j'étais à la bonne place. Elles étaient mieux de pas me dire n'importe quoi, je commençais à perdre patience!

Passé ce point-là, je me suis retrouvée à passer la sécurité. Encore. Parce que les Américains ne font confiance à absolument personne. (!!!)

Après ça, je suis arrivée aux portes d'embarquement. Enfin. Mais pas de trace de Nelson.

Je savais que son vol suivant était vers Dallas. J'ai regardé l'écran des départs, et évidemment, il y avait deux vols différents vers Dallas, à des portes complètement à l'opposé l'une de l'autre. Je n'arrivais pas à me connecter au wifi (30 minutes gratuites avant d'avoir à payer), alors j'ai longé l'aéroport jusqu'à la porte la plus éloignée, avant d'enfin me connecter, et recevoir sa confirmation qu'il était tout près de là d'où j'étais initialement partie.

Je suis revenue sur mes pas, je l'ai trouvé. Mais rendu là, il ne me restait plus grand temps avant mon embarquement. On a marché un moment, puis, près de ma porte, on s'est séparé. Il est allé vers le Wendy's (un bon burger à 6h le matin, hmmm!), et moi je suis allée me chercher un petit quelque chose au Dunkin Donut's avant d'embarquer.

L'alarme de feu s'est déclenchée pendant que je m'y dirigeais. J'ai eu peur, mon embarquement était dans 15 minutes, on pouvait tu s'il-vous-plaît pas nous faire évacuer là maintenant? Une voix dans l'intercom nous a informés qu'ils cherchaient la cause de l'alarme, et nous a dit d'attendre plus d'informations. J'ai eu le temps d'embarquer dans mon avion avant de recevoir plus d'informations. Ouf.

Dans l'avion, ils nous ont remis des cartes d'immigration pour le Canada. J'ai rempli la mienne tout de suite, pour pouvoir dormir tranquille ensuite.

Le monsieur devant moi semblait agité. Il s'est finalement retournée vers moi et m'a demandé si je parlais espagnol. J'ai dit que oui, un peu, peut-être, haha,... ??? Il m'a demandé si je pouvais l'aider avec sa carte d'immigration. Il ne parlait ni anglais, ni français. (Wow, bonne chance à Montréal, mon gars.)

Je l'ai aidé en lui expliquant qu'est-ce que chaque case demandait. À notre arrivée à Montréal, il m'a suivi jusqu'aux douanes, parce que les pancartes d'indication sont bien sûr... en anglais et en français. Il m'a expliqué qu'il a de la famille à Montréal, c'est pourquoi il visitait. Au moins, il allait pas être tout seul dans cette jungle non hispanophone.

En tant que citoyenne, j'avais une file différente de la sienne à faire, mais il a semblé bien s'en sortir, il a passé plus vite que moi. Quand je suis arrivée à la réception des bagages, il était déjà loin.

Mon père m'attendait à la sortie. Pas besoin de prendre le transport en commun jusqu'au centre de Montréal, et ensuite me démerder pour trouver un covoiturage, ou payer ultra cher pour le bus. J'étais pas fâchée de me sauver de ça.

Après un arrêt dîner à Berthierville, puis une pause crème glacée à Deschambault, je suis finalement arrivée à la maison vers 18h30. J'avais un 5 à 7 de programme ce jour-là, mais visiblement, c'était raté.

J'ai soupé avec une des collocs, pendant que Hip le chat me boudait. Ça allait lui prendre un moment pour me pardonner mon absence si prolongée. En attendant, elle allait faire semblant de ne pas me reconnaître.

J'ai rouvert la porte de ma chambre pour la première fois depuis sept semaines. J'ai dû la forcer un peu. Elle ne referme plus très bien depuis, d'ailleurs.

J'ai pris ma douche. Il y avait de la poussière sur mon savon.

Une pile de linge propre à plier m'attendait, un rappel de ma paresse au moment de quitter le pays.

...Bienvenue chez toi!

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