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La Grande Fugue

29 avril 2016: De Porto à Viana do Castelo

29 Avril 2016 , Rédigé par la-grande-fugue

Le réveil a été tough, le lendemain du wine tour. Ça allait très bien au coucher, j'ai pu me vanter à qui voulait l'entendre (a.k.a. personne, mais Janvier était à portée d'oreille) que j'avais survécu à sept coupes de vins et un cocktail, sans effets majeurs.

Le processus de réveil a raconté une histoire différente.

Ce n'était pas vraiment un mal de tête, mais juste une lourdeur profonde dans le crâne, et l'absence totale de toute envie de sortir du lit. J'y suis finalement arrivée, vers 10h15. Pendant un moment, je me suis dit que j'aurais dû sortir avec Krystle la veille après le souper, si j'étais pour me lever si tard de toute façon, mais la voix de la raison m'a ramenée à l'ordre: si le Wine Tour avait rendu le réveil si difficile, un Pub Crawl supplémentaire l'aurait rendu impossible.

J'ai fait mon checkout, et je suis enfin sortie de l'auberge vers 10h50.

Mon train pour Viana do Castelo ne partait qu'à 16h, j'avais le temps d'explorer Porto encore un peu avant de partir.

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Après une longue soirée à faire la fête, ou un lendemain de veille, il n'y a rien de mieux que la poutine pour tout remettre en place. En voyage, cette solution manque indéniablement à l'appel. Depuis quelques années, je m'amuse donc à identifier les équivalents possibles, selon la destination du moment. Les critères: il faut que ça soit gras, idéalement frit, et que ça sonne de plus en plus délicieux au fil des consommations d'alcool.

Par exemple, en Allemagne, et dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest, ce n'est surprenemment pas la cuisine locale qui l'emporte, mais plutôt les döner, cette importation de la cuisine turque en version fast food. Ça se présente typiquement sous la forme de sandwich, mais on m'a un jour introduite à la magie du “döner box”, une boîte avec des frites, de la viande de kebab, et une petite sauce blanche non identifiée sur le top. Ce n'est pas de la poutine, mais pour la première fois depuis que je m'étais installée à Landau, le temps d'une session universitaire, j'ai retrouvé le “feeling” d'une poutine en fin de soirée bien arosée.

Au Portugal, j'ai découvert le plat “Francesinha”. J'en ai déjà parlé: un sandwich inspiré du croque-monsieur, mais avec un surplus de saucisse, une abondance de fromage sur le top, et de la sauce un peu piquante (bien qu'on me dit que la sauce est unique à chaque restaurant, puisque personne ne partage sa recette). J'en avais mangé la veille, mais en ce matin au réveil difficile, je m'en suis commandé un autre au restaurant proche de l'auberge, et ça a été particulièrement délicieux.

J'en ai presque pas remarqué le moustique noyé dans la sauce!

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Puisque j'avais déjà exploré la majeure partie de la ville de l'extérieur, j'ai profité de cette dernière journée pour visiter l'intérieur de certains endroits. J'ai visité la tour des “Clerigos” et l'église adjacente, puis, parce que le même billet me donnait accès à une exposition dans un autre musée, je suis allée voir ça. J'ai mangé un dessert typiquement portugais (nata) dans un café recommandé par notre guide du premier jour, puis j'ai visité le musée de la marionnette. Ce dernier endroit n'est pas dans les listes des “must” à visiter, mais c'était sur mon chemin, j'étais curieuse, et ça ne coûtait que 2 euros. J'avais le temps.

Je suis finalement arrivée à la gare de train vers 15h35. J'avais dû courir, car non seulement il n'y avait personne à la réception de l'auberge quand j'étais passée rechercher mes bagages, mais Krystle m'avait envoyé un message pour me dire qu'on se rencontrait plus tôt que prévu, finalement. Je suis arrivée en sueur et plutôt désorientée, mais j'ai par chance retrouvé Krystle et Amina, une autre déléguée de la conférence. On a acheté nos billets, et on a pris le train vers Campanha, où on pourrait prendre le train vers Viana do Castelo.

En fait, on est embarqué dans le mauvais train, mais on s'en est rendu compte assez vite (quand personne d'autre ne semblait monter dedans). On a pris le bon train alors que les portes se fermaient. Rien pour aider la sueur, quoi.

Une fois dans le train vers Viana do Castelo, il devait y avoir au moins 45 AIESECers dans le même espace. Les organisateurs de la conférence avaient recommandé ce train en particulier, parce que l'horaire et le prix concordaient bien. Alors tout le monde était dedans.

Ces pauvres, pauvres passagers qui n'avaient rien à voir avec tout ça. Ça n'a pas dû être le meilleur trajet en train de leur vie.

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La première soirée de la conférence a été consacrée aux présentations des délégués. Chaque personne avait dû préparer 2 minutes pour se présenter. Avec 60 délégués, ça a pris toute la soirée.

Vers 22h30, on pensait enfin pouvoir aller dormir. NOPE. Les délégués sont tous divisés en tribus, et après avoir appris à connaître l'entièreté de la délégation... il fallait aller passer du temps en tribu, et apprendre à encore mieux connaître ces gens avec qui on allait passer la majeure partie de notre temps pendant la conférence.

Chaque tribu est associée à une valeur ou une qualité (le courage, la sagesse, l'humanité, la justice, etc.) Apparemment, ils se sont servis de nos dossiers d'application pour la conférence afin d'identifier quelle charactéristique nous allait le mieux. Je suis dans la tribu de la sagesse. Je me rappelle avoir rempli mon application assez rapidement, en pleine nuit, il y a environ un mois. Soit la sagesse me vient naturellement, soit ils ne savaient plus où me mettre et m'ont mise là où il y avait de la place.

Bref, nous avons discuté pendant près de deux heures, puis j'ai pu aller dormir vers 1h30 du matin.

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La 2e journée a été toute aussi spéciale. Dans cette conférence, il n'y a pas d'agenda. Alors tout est toujours une surprise.

Le matin, nous avons eu droit à un discours inspirant de la part d'un membre d'AIESEC International, qui nous a parlé des défis qu'il a traversé pour accepter son orientation sexuelle. Ensuite, les tribus se sont rassemblées pour quelques heures, pour discuter. Les responsables de tribu ne sont si “trainers”, ni “facilitators”, il se font appeler “host”. En gros, ça veut dire qu'ils ne sont pas là pour nous enseigner quoi que ce soit, ils ne font que stimuler la conversation. Le reste, c'est à nous de créer notre propre parcours. C'est un peu déstabilisant.

En après-midi, nous avons eu droit à 3 heures d'activités toutes plus flyées les unes que les autres, où on a eu à danser, guider, mimer, mener, communiquer silencieusement, etc. Il y avait des analogies en lien avec les expériences de leadership que nous vivons, mais ils ne nous ont pas vraiment expliqué la signification derrière tout ça explicitement. Encore là, j'imagine qu'ils veulent nous laisser créer notre propre interprétation.

Ensuite, c'était encore du temps en tribu. Cette fois, notre host, Gurin, était silencieux. Nous avons vite compris qu'il avait reçu comme instruction de ne rien dire du tout, il fallait nous même décider quoi faire. N'ayant pas la moindre instruction, nous avons discuté de comment nous voulions interpréter les activités précédentes, puis nous avons chacun dessiné sur une feuille quelque chose qui nous représentait, pour ensuite l'expliquer aux autres du groupe, et décorer la pièce avec.

J'ai dessiné un chat. C'est mon animal préféré, mais c'était aussi en référence à une réponse que j'avais donné lors de mon entrevue comme Vice-Présidente des Ressources humaines pour AIESEC Canada. Ils m'avaient demandé quel animal je serais si je devais en être un, et j'avais dit le chat, parce que je crois fermement en les pouvoirs de la zoothérapie, et la simple présence d'un chat peut calmer énormément. J'aime penser que j'ai cette habileté à calmer les autres, à les écouter et les guider, sans nécessairement avoir à toujours exprimer clairement ce que je pense de leur situation. L'écoute, toute simple, a beaucoup d'impact.

Quand notre host a enfin pu s'exprimer de nouveau, il nous a dit que, peu importe ce que nous avions décidé de faire aurait été la bonne chose à faire. Et sur ces sages (?) paroles, c'était l'heure de souper.

En fin de journée, vers 21h30, nous espérions qu'il était l'heure de dormir.... MAIS NON. Nous avons eu droit à une activité où chaque délégué était invité à être roi ou reine pour une journée, et devait expliquer ce qu'il ou elle ferait en une journée pour changer le monde. Comme ça, spontanément. Évidemment, puisque l'assistant de l'organisateur principal est canadien et qu'il choisissait la première personne à le faire, j'ai été sa première victime. J'ai improvisé un truc, je pense que c'était sur le fait que je croyais fortement en la force des mots, et que j'inviterais donc les meilleurs orateurs connus à venir inspirer le monde à constamment s'améliorer, même après la fin de mon règne. La bonne nouvelle, c'est que j'ai pu me venger en choisissant la victime suivante. (J'ai choisi le VP Ressources humaines des États-Unis. Parce que.)

Au moins, cette activité nous aura donné droit à ma réponse favorite: “If I were queen for a day, I would build a fricking wall around Donald Trump.” (“Si j'étais reine pour un jour, je bâtirais un maudit mur autour de Donald Trump.”) Personne ne s'est mérité une meilleure réaction qu'elle.

Ça nous a aussi donné droit à une autre citation, cette fois plus sérieuse, qui nous a été partagée par Dey Dos, l'organisateur principal de la conférence: “Beyond good and bad, there is a field. I'll meet you there.” ("Au-delà du bon et du mauvais, il y a un champ. Je t'y attendrai." Citation originale par Mevlana Rumi.)

Je ne suis pas sûre de comprendre tout ce qui se passe dans cette conférence. Beaucoup de choses sont laissées en suspens, afin qu'on les interprète nous même. On n'est pas ici pour recevoir une éducation, on est plutôt là pour explorer et trouver les réponses nous-même.

À la fin de la conférence, je rédigerai probablement un autre article de blog, cette fois avec assez de recul pour analyser la signification de tout ça.

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Aujourd'hui encore, nous avons commencé la journée avec une histoire du membre d'AIESEC International. Puis, nous avons eu du temps en tribu, que nous avons passé à l'extérieur pour profiter du soleil. Les conversations étaient particulièrement intéressantes, on voit que le groupe est déjà beaucoup plus à l'aise ensemble, et se pousse à aller de plus en plus loin dans ses réflexions.

En après-midi, nous avons eu une mini formation sur la théorie du coaching, la première vraie formation formelle de la conférence. Mais juste après, ils nous ont emmené en expédition jusqu'à une église au sommet d'une montagne, où nous avons eu droit à une activité de réflexion personnelle, inspirée d'une photo que nous avons prise sur place, et que nous devions utiliser pour analyser la signification de la conférence pour nous. C'était un peu random, plutôt difficile, mais la séance de partage qui a suivi était intéressante. Tout le monde s'est bien amusé à faire des analogies.

Nous avons terminé le tout avec un pique-nique, mais il faisait assez froid, alors on avait surtout hâte de rentrer.

Mais évidemment, nous ne sommes pas rentrés tout de suite. Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés au centre d'achat pour une surprise: nous avions tous droit à un billet pour le nouveau film de Captain America au cinéma, que nous allions écouter ensemble!

Une simple récompense pour une longue journée de travail? Bien sûr que non. Nous avons maintenant comme devoir de préparer une présentation sur n'importe quel aspect du film, à présenter demain devant notre tribu.

Je suis en équipe avec Lova, qui vient de la Belgique. Nous étions parmi les seuls à avoir vraiment écouté le film sans dormir, alors au lieu de partager nos connaissances avec les autres, on s'est mis ensemble et on va battre tout le monde. Pas de place pour la générosité!

On était efficace, nous avons été les premiers à terminer notre préparation.

Je vais donc aller dormir... Il est tard.

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